« Ainsi meurt la démocratie, sous des applaudissements retentissants »

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Le débat sur les communications du président du Conseil a eu lieu il y a quelques jours au Sénat, puis la question de la confiance (oubliée et présentée à temps, ndlr) a été votée.
La majorité « n’a pas perdu » en citant un dirigeant PD, c’est-à-dire qu’elle a obtenu la majorité des 156 voix, contre 140 voix contre et 16 abstentions.

 

POURQUOI GIUSEPPE CONTE N’A-T-IL PAS GAGNÉ?
Le gouvernement, ces derniers jours, a réussi à arracher une « victoire mutilée » au Sénat et une majorité sûre à la Chambre. Les votes au Sénat ont-ils un poids ? Ça dépend. Selon les précédents créés par la présidence Mattarella, le PDR ne devrait pas soutenir cette majorité, en demandant de trouver une majorité plus stable sinon il devra dissoudre les chambres. Cela avait déjà été fait par le président lui-même quand le centre-droit voulait chercher une majorité pour gouverner.
Ainsi, en excluant un gouvernement minoritaire, le Pdr doit proposer à Conte de créer un nouveau gouvernement ou il choisira une personne fidèle pour créer un gouvernement du Président.

EST-IL POSSIBLE QUE LE PRÉSIDENT MATTARELLA  SOIT SATISFAIT DE CETTE SITUATION ?
Le président Mattarella a marqué sa présidence par son inertie, à savoir son incapacité à prendre une décision. Dans l’histoire, nous avons vu comment les PDR ont joué le rôle « notarial » ou ont été des protagonistes de la politique. Eh bien, après un protagoniste fort comme Napolitano, le parlement a élu le président Mattarella. Son personnage, notarié et jamais décomposé, a permis que tout se fasse dans le respect de la constitution. Ou du moins, jusqu’à ce que les choses aillent à son goût. Habituellement, le vote des sénateurs à vie est conditionné par la volonté du Pdr. En effet, ce gouvernement a eu la « bénédiction » de Mattarella à travers l’avis favorable de Monti et Segre. Aucune communication à ce jour, compte tenu des résultats des deux hémicycles, de la part du Quirinal sur la situation d’une minorité inexistante sur laquelle un gouvernement devra trouver des équilibres.

 

POURRONT GOUVERNER CORRECTEMENT?
Le gouvernement, actuellement, a acquis une confiance « partielle ». Eh bien, il faut rappeler qu’on ne vote pas seulement dans les chambres. Les travaux les plus importants, à cause des nombreuses lois présentées, sont effectués par les Commissions, c’est-à-dire des petites assemblées où l’on vote ou non les lois. En effet, dans ces commissions, le gouvernement est en minorité sur presque toutes les assemblées. Cela signifie que, pour toute norme qu’il voudra faire approuver, il devra trouver des accords permettant l’approbation d’une norme. Quo usque tandem abutere?

 

QU’EST-CE QUI AURAIT DÛ SE PASSER?
L’histoire crée généralement des précédents. Une fois de plus, nous avons un incident récent qui devrait remettre les représentants du gouvernement sur le droit chemin. Lors du dernier gouvernement Berlusconi, il y a eu un vote historique en novembre 2011 où Berlusconi a perdu la majorité à la chambre pour quelques voix. Dès que les votes furent terminés, il monta au Quirinal pour démissionner. Les mêmes conditions de base existeraient aujourd’hui. Conte a même constaté qu’il avait perdu, parce que la somme entre abstenus et contraires est égale à sa majorité. Donc il n’a pas les voix pour gouverner. Il devrait d’abord être rappelé par le PDR, pour démissionner et chercher une nouvelle majorité ou de la place pour un gouvernement technique. Et à ceux qui disent que « on n’a jamais vu changer un gouvernement pendant une guerre », ils se trouvent malheureusement dans une situation d’aveuglement critique, voire de mauvaise foi. Tout d’abord, ce gouvernement s’est avéré inapte à supporter une crise économique sans précédent. Encore une fois, il serait nécessaire, voire vital, de changer quand les choses tournent mal.
Quel conseil d’administration garderait un PDG qui fait faillite?